Reinfo covid Québec et les biais de son porte parole

https://www.tiktok.com/@wal_trudeau/video/7036487371562536197?is_copy_url=1&is_from_webapp=v1

Équipe WJT (FB, MC, SM, BB)
Dr Mathieu Nadeau-Vallée Phd pharmacologie, Md Interniste Anesthésie.
Dr Elie Haddad, M.D. , Ph.D. ,
Professeur titulaire, Département de pédiatrie, Faculté de médecine, Université de Montréal,
Clinicien, Département d’immuno-allergie et rhumatologie, CHU Sainte-Justine

Le 25 novembre 2021, le regroupement Reinfo Covid a diffusé une vidéo avec un de leur porte-parole : Robert Béliveau, un médecin retraité depuis 20 ans. Je m’imagine que vous vous êtes demandé si vous pouviez vous fier à ce que disait cet homme qui a à coeur la sécurité des tous petits. Je vous comprends; je suis parent moi aussi et si je ne travaillais pas dans le domaine de la santé, je ne trouverais pas toujours évident de m’y retrouver. Voici mes questionnements et mes compléments d’informations quant à la vidéo.

Est-ce qu’en tant que retraité de la médecine depuis 20 ans, Robert Béliveau a consulté ses confrères pour s’assurer d’être à jour concernant les données qu’il avance? Si oui, lesquels? Des immunologues? Des infectiologues? Des pédiatres immunologistes?  Il n’en fait pas mention. L’absence de certaines données dans cette prise de parole m’inquiète; peut-on faire confiance à sa rigueur sans sources citées? Qu’en pensez-vous?


Lorsque Robert Béliveau réfléchit avec vous sur l’efficacité, la nécessité et le devoir qu’ont les parents de faire vacciner leurs enfants pour “protéger grand-maman et grand-papa”, il avance ceci: «S’il n’y a pas de comorbidité ou de facteur de risque), c’est clairement non! Aucun doute dans mon esprit. (…)  Parce que quand tu n’as pas de risques, c’est très difficile de penser que tu auras un bénéfice.Tu peux pas améliorer quelqu’un qui va bien. »

Je suis étonnée d’entendre Robert Béliveau parler d’absence de risque. Voici les risques que j’ai répertorié pour vous:

  • Les risques d’hospitalisation: 430 hospitalisations chez les 0 à 19 ans dont 70 aux soins intensifs pour la covid-19 et deux morts dans les 11-19 ans. Et ces chiffres sont artificiellement abaissés considérant toutes les mesures sanitaires dont nous souhaitons tous un jour pouvoir nous passer.

  • Des éclosions dans les milieux scolaires (CPE, primaire et secondaire) qui représentent  plus de 50% des éclosions actives.
    https://www.inspq.qc.ca/covid-19/donnees/eclosions

  • Les risques concernant la maladie: Les enfants sans comorbidité (d’autres troubles de santé associés) ont moins de risques de tomber malades, c’est vrai. Toutefois, un enfant a quand même des risques d’être malade et de se rendre à l’urgence. C’est un risque plus rare, mais ça reste un risque probable.

  • Les risques des variants: Tant que le virus circule abondamment dans la population, il y aura des risques d’apparition de nouveaux variants imprévisibles. Pour l’instant les vaccins demeurent très efficaces et c’est pourquoi il faut qu’un maximum de gens soit vacciné dès maintenant car il est toujours possible qu’un nouveau variant survienne pour lequel les vaccins perdraient beaucoup en efficacité.
  • Les risques de contracter le syndrôme inflammatoire multisystémique: Le Dr André Veillette rappelle qu’au moins un enfant infecté sur 3000 risque de souffrir du syndrome inflammatoire multisystémique, «qui rend les enfants très malades». «Les statistiques parlent d’au moins un cas sur 3000 enfants infectés qui développent ce syndrome, mais ça pourrait être plus fréquent que ça», rapporte le scientifique. Dans son avis sur la vaccination des 5 à 11 ans publié mardi, le CIQ parle d’une incidence cumulée d’environ six cas pour 100 000 enfants au Canada.

  • Les risques de Covid longue, qui sont présents chez les enfants, bien que les données au Québec, ne permettent pas d’en établir l’incidence de façon précise.
    Nous savons toutefois qu’en Israël, le gouvernement a sondé les parents de plus de 13 000 enfants âgés de 3 à 18 ans qui ont contracté la COVID-19, et un peu plus de 11 % d’entre eux ont rapporté que leurs enfants continuaient d’avoir des symptômes après la phase aiguë. Selon l’analyse du gouvernement israélien, 1,8 % des enfants de moins de 12 ans et 4,6 % des enfants de 12 à 18 ans présentaient des symptômes plus de six mois après l’infection.

  • Les risques d’hospitalisation: Selon les Center of Disease Control (CDC) des États-Unis et une étude de l’American Academy Pediatric (AAP), les taux d’hospitalisations restent actuellement élevés chez les enfants âgés de 5 à 11 ans et ce, même pour ceux n’ayant aucune comorbidité.
    https://www.cdc.gov/…/covid-data/covidview/index.html

Dans sa vidéo, Robert Béliveau remet en question l’efficacité de la vaccination. Il appuie ses doutes en soulevant la taille du groupe de l’étude clinique et le temps mis pour l’étude clinique. Le docteur à la retraite avance aussi que «… le système immunitaire des enfants est d’une efficacité redoutable.» Il amène aussi un argument qui a sûrement touché votre coeur de parent: «(…) que ce n’est pas aux enfants de protéger leurs grands parents, mais à eux mêmes de prendre une troisième dose, c’est à eux d’assumer leur sécurité, que ce n’est pas à l’enfant de se sacrifier et de se mettre à risque (…),  même vaccinés, les enfants peuvent quand même transmettre la maladie.» Quel parent a envie de sacrifier son enfant? Ou d’avoir à choisir entre ses enfants et ses parents? Celà étant dit, est-ce vraiment un choix que vous avez à faire comme parent? Je ne crois pas. Voici quelques faits sur la vaccination des enfants: 

  • L’étude clinique qui a étudié le vaccin chez les enfants a été faite sur 4600 enfants.

  • Si des effets secondaires graves et fréquents avaient eu à apparaître à cause du vaccin, la durée de l’étude aurait permis de les détecter. 

  • La dose du vaccin chez les enfants est 3 fois plus faible que pour les adolescents et les adultes (10 microgrammes au lieu de 30).

  • Pendant l’étude clinique sur les enfants de Pfizer, les chercheurs ont évalué si le vaccin pouvait faire en sorte que les enfants contractent le COVID (test PCR). Après une dose, trois enfants du groupe vacciné étaient positifs au test PCR, alors que 17 l’étaient dans le groupe placebo (qui n’avait pas reçu le vaccin). Cette étude démontre l’efficacité du vaccin à plus de 90%.
  • En vaccinant les enfants et les grands-parents, comme on le fait déjà au Canada pour de nombreuses maladies, on réduit grandement les risques d’infections, et ce, dans tous les lieux que les enfants fréquentent. 

Robert Béliveau prend position contre la vaccination des enfants. Il aborde les notions de risques que courent les enfants.avec : « le vaccin expérimental » et que les parents ne devraient pas mettre leurs enfants à risque. Ouch! Sous-entendre que les parents mettent leurs enfants à risque. Je ne suis pas certain que je suis d’accord qu’on culpabilise les parents qui cherchent le mieux pour leurs enfants. Je crois que c’est important ici que je rectifie des faits:

  • Il est FAUX de dire que les vaccins contre la COVID sont des vaccins expérimentaux. Les vaccins doivent suivre un processus d’études en 4 étapes. Un vaccin est expérimental lorsqu’il en est au 3 premières étapes de l’étude. Lorsque nous arrivons à la 4e étape, tous les protocoles ont été respectés et approuvés et on peut amorcer la vaccination de masse. Et nous sommes actuellement à la phase 4. Les cohortes de phase 3 continuent d’être suivies à des fins de pharmacovigilance et pour connaître la durée de l’immunité, jusqu’en 2022-2023.

  • Il n’y a pas de délai pour exécuter et terminer une étude clinique. C’est les moyens qui comptent. Plus on met de personnes pour exécuter les tâches, plus vite cela ira, et en temps de pandémie, c’est primordial. Cela ne veut pas dire pour autant qu’on tourne les coins ronds, car il y a des règles à respecter. Tout le système est basé sur la vérification permanente des données cliniques, vérifiées par des chercheurs indépendants et revérifiées encore par des chercheurs indépendants, spécialisés dans le domaine, pour la santé publique de chaque pays avant de débuter la vaccination.

  • Il y a actuellement plus de trois millions d’enfants vaccinées aux États-Unis et rien de grave de signalé.

  • La Société canadienne de pédiatrie recommande la vaccination des enfants
    https://cps.ca/en/documents/position/vaccine-for-children-5-to-11?fbclid=IwAR33zOKFMDu2s2LPa3N73n-riaV6lNz5rfCZ1vhhJ0Ix59RmjiMJp32X86M

  • Avec le nombre d’éclosion qui se produit dans les CPE et les écoles, il y a de bonne chance pour que les enfants finissent par devoir rencontrer soit le vaccin qui permet de produire une toute petite partie du virus pour stimuler le système immunitaire, soit le virus en entier avec tous les risques qui lui sont associés. On ne peut presque plus échapper à ce choix. On préférerait tous ni l’un ni l’autre, mais le débat ne se pose pas en ces termes. Les scientifiques ont la responsabilité de calculer les bénéfices VS les risques. Et il y a un consensus scientifique dans ce calcul “risques vs bénéfices”; la vaccination comporte moins de risques.

Note: Il vaut mieux en référer à votre médecin de famille ou à votre médecin traitant avant de croire tout ce qui se dit ou se vend (cela inclus les traitements qui n’ont jamais fait l’objet d’études cliniques et/ou n’ont jamais démontré d’efficacité) sur Internet.